Rencontre avec le Han : Petits Bonheurs quotidiens découverts sur le chemin du Travail à Vélo

jeudi 5 septembre 2024

Cela fait maintenant environ dix mois que je me rends au travail à vélo le long de la Han. À moins que la pluie ne menace ou que la chaleur ne soit trop accablante, je privilégie ce mode de transport à la vie souterraine et oppressante du métro. Et, à dire vrai, c'est une satisfaction émotionnelle incomparable.

Rien de tel pour revigorer l'esprit que de sentir la brise du fleuve sur son visage, comme si toute tension se dissolvait dans l'air frais. Aujourd'hui, en jonglant avec les responsabilités de parent, je laisse s'envoler mes fatigues nocturnes et émissions de stress accumulées au bureau, balayées par ce vent bienveillant.

Le matin, en pédalant sur le chemin menant au bureau, je suis souvent témoin de personnes âgées, souvent autour de la soixantaine, assises sur des bancs, contemplant la rivière. Parfois, il semble qu'elles réfléchissent sur leur passé, retirées des affaires mondaines, ou peut-être suivent-elles simplement la routine, se levant à l'heure d'une vie de labeur. Et puis, il y a ceux qui, avec une énergie intrépide, s'adonnent à la course à pied. Peut-être cherchent-ils à atteindre des sommets jamais atteints en pleine carrière, une quête audacieuse de nouveaux horizons.

Le coucher de soleil se coulant sur la Han est d'une beauté à couper le souffle. Souvent, la peinture céleste m'oblige à freiner, savourer le moment et capturer l'instant dans ma caméra. En rentrant à la maison, j'ai pris soin d'observer la diversité de ces crépuscules : des rouges flamboyants aux pourpres et rose délicat tendres. Lentement, l'obscurité enveloppe la terre et quand j'atteins ma demeure, la nuit a étendu son voile discret sur le ciel.

La Han, en semaine, se nourrit d'une vie plus vibrante aux heures de débauche qu'au matin. Des touristes étrangers se mêlent aux locaux savourant un pique-nique, en amoureux ou entre amis, ou encore faisant de l'exercice. Autant de scènes insoupçonnées dans le métro bondé. En traversant à vélo ces âmes baignées de sérénité, je laisse ce calme communicatif élever mon esprit. Grâce à ce parcours quotidien, je rentre chez moi avec une humeur saine, prêt à accueillir ma femme et mon enfant, faisant de ce moment une offrande de la Han. Le futur est incertain quant au temps qu'il me sera possible d'arpenter ce chemin à vélo, mais jusqu'à ce que ce jour vienne, je chérirai ses paysages sereins, espérant encore imprégner aux autres cette paix retrouvée.